dimanche 22 janvier 2023
dimanche 17 juillet 2022
Que faire à la fin d'une première année en Licence de Droit pour se donner plus de chances à la rentrée suivante ?
Il arrive parfois qu'un(e) étudiant(e) de première année me demande ce qu'il (elle) peut faire pendant l'été pour se donner de l'avance pour la rentrée. Alors voici ma contribution pour les redoublants et tous les autres admis à passer en seconde année.
Préparer l’après
première année en Droit
Par Sébastien
GOUHIER, Université du Mans (et Laval)
La première année en droit est une expérience qui ne laisse
pas indifférent. On y apprend par les réussites et aussi par les échecs.
Il existe beaucoup de témoignages et de conseils que vous
pouvez glaner çà et là, pouvant éclairer la compréhension des réussites ou des
échecs. Loin de moi la prétention de vous livrer des recettes ou astuces
originales.
En définitive, c’est la curiosité d’apprendre sur les aptitudes
à développer qui semble la clef. Sans elle, ce serait comme prendre le départ
d’un marathon sans avoir jamais entendu parler du fait qu’il fallait
s’entrainer des années pour y participer.
En apparence, le Droit paraît à la portée de beaucoup :
commenter des écrits, restituer des connaissances, voilà tout. Enorme erreur. C’est
comme se dire : « je peux courir le marathon puisque je sais
tenir sur mes jambes et mettre un pied devant l’autre ».
Ainsi, comme sur beaucoup de sujets dans la vie, il faut
aller soi-même se documenter, patiemment, auprès de plusieurs sources sérieuses
(voir liens ci-dessous).
Le premier message que je veux vous adresser pour cet été,
c’est : « après le marathon, il y a le triathlon », la deuxième
année (difficulté X 2 !).
Et donc, n’attendez pas septembre pour vous y remettre. Même
un redoublement peut être optimisé !
mercredi 29 juin 2022
Sujet de l'épreuve d'institutions administratives avec corrigé (juin 2022)
Sujet : Après lecture attentive du texte en italique,
répondez aux deux questions de réflexion posées en lien avec le texte.
Secrétariat
général du gouvernement : Claire Landais, techno incognito
par Pierre Alonso, publié dans Libération, le 22
juillet 2020
Son
visage ne dit rien à personne, et cela a ses avantages : Claire Landais, haute
fonctionnaire qui vient d’être nommée secrétaire générale du gouvernement,
allait jusqu’à présent au travail en métro et parfois à vélo, plus rarement
avec la voiture mise à sa disposition par la République. Depuis mars 2018, elle
occupait pourtant le poste sensible de secrétaire générale de la défense et de
la sécurité nationale (SGDSN), dépendant également du Premier ministre. Une
fonction de l’ombre, peu exposée et autrement moins vaste que ses nouvelles
attributions comme numéro 3 de Matignon (après le chef du gouvernement et son
directeur de cabinet).
Elle
remplace Marc Guillaume, un des seuls membres de la haute administration à
avoir survécu à l’alternance Hollande-Macron. A en croire plusieurs sources
l’ayant côtoyée, Claire Landais sera son antithèse : une pure technicienne, pas
politique ou partisane pour un sou. Déjà au SGDSN, son comportement tranchait
avec celui de son prédécesseur Louis Gautier, qui s’exprimait volontiers dans
les médias et ne dédaignait pas la lumière. Elle n’a jamais reçu de
journalistes, limitant ses prises de parole publiques aux forums officiels et à
quelques auditions parlementaires.
Diplômée
d'une grande école de commerce puis de Sciences-Po Paris, Claire Landais était
dans la même promotion que le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, et
la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, à l'ENA. Elle
choisit le Conseil d'Etat à la sortie en 2000, alors qu'elle n'avait pas fait
de formation universitaire en droit. L'une de ses attributions sera la
direction du centre de documentation, qui n'échoit qu'aux meilleurs juristes.
C'est la recette Landais, disent ceux qui ont eu affaire à elle : elle s'impose
même là où on ne l'attend pas. Illustration en 2012 : le gouvernement Ayrault
la nomme directrice des affaires juridiques du ministère de la Défense. Les
militaires regardent de travers cette juriste qui n'a connu que le Conseil
d'Etat et l'Education nationale. «En trois mois, elle est devenue
indispensable, incontournable et respectée, dit Floran Vadillo, ancien membre
de cabinet de l'ex-garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, qui a suivi de près la
loi sur le renseignement, à laquelle Claire Landais a largement contribué
depuis le ministère de la Défense. Elle a un jugement extrêmement pur, dans
l'intérêt de l'Etat, pas du tout "corpo".»
1 – Compte tenu du rôle de l’institution, quelles
sont les qualités requises pour être Secrétaire Général du Gouvernement ? (10
pts)
2 – Etre passée par une grande école de commerce,
ensuite à l’ENA, puis longuement au Conseil d’Etat, est-ce le cursus « parfait »
pour assurer le poste de Secrétaire général du Gouvernement ? (10 pts)
Corrigé
lundi 22 novembre 2021
Appel des 600 maires pour la candidature d'Emmanuel Macron en 2022
Pour la première fois de son histoire, le renouvellement des dirigeants de l'Association des Maires de France (AMF), a fait l'objet la semaine passée d'un affrontement entre deux listes de candidats. Autrefois, cette association coadministrée par le RPR/UMP et un peu le PS entretenait un consensus pour la défense des communes sans dénigrement excessif des décisions gouvernementales. Mais à partir du quinquennat Hollande, l'AMF, toujours plus à droite, est devenue une représentante de l'ancien monde, en résistance de toutes les transitions (économique financière et écologique). A partir de 2017, elle est devenue une résistante au macronisme, puisque elle ne comportait aucun élu Larem. (voir Congrès des maires de la Sarthe 2017 !). Dans ce contexte, on se satisfait de voir en 2021 que la liste "apolitique" de centristes pour l'élection nationale à la présidence de l'AMF a obtenu 40% des voix face à la coalition hégémonique LR/PS. Dans la foulée, la presse nationale a publié dimanche une tribune de maires favorables à la continuité de la politique pratiquée depuis 2017 à l'égard des communes. Je suis fier de faire parti des plus de 600 qui ne sont pas dans le dénigrement instrumentalisé.
mercredi 16 juin 2021
Exemple de sujet en L1 Institutions administratives : sujet du jeudi 24 juin 2021
Sujet : Après lecture attentive du texte en italique,
répondez aux deux questions de réflexion posées en lien avec le texte.
Publié le 09 avril 2021 à 10h32 - Mis à jour le 09 avril
2021 à 11h12.
https://www.lemonde.fr/education/article/2021/04/09/la-fin-de-l-ena-une-etape-vers-le-renouveau-de-l-etat_6076136_1473685.html
Editorial
du « Monde ». Un sigle va bientôt disparaître, emportant avec lui une
tranche de l’histoire de France. Jeudi 8 avril, Emmanuel Macron a annoncé la
suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA) et son remplacement par
un Institut du service public. La gestation de cette réforme, à laquelle
beaucoup ne croyaient plus, a duré deux longues années, mais le changement ne
devrait plus se faire attendre. Il sera officialisé d’ici au mois de juin par
voie d’ordonnance avec un double objectif : démontrer qu’en dépit de la crise
sanitaire le quinquennat reste placé sous le signe de la rupture, et prouver
qu’un président de la République, tout inspecteur des finances qu’il soit, peut
s’affranchir du milieu d’où il vient.
Emmanuel
Macron n’est pas le premier des chefs de l’Etat à avoir voulu réformer l’ENA.
Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy y avaient également prétendu, sans y
parvenir, tant l’établissement, créé en 1945 par la volonté du général de
Gaulle, a fini par devenir une véritable marque à la fois admirée et décriée.
Il a mis sur orbite pas moins de quatre chefs d’Etat, huit premiers ministres
et formé nombre de dirigeants d’institutions et de grandes entreprises.
Ses
débuts, prestigieux, sont associés à la période de la reconstruction, durant
laquelle une poignée de résistants a voulu rompre avec le népotisme qui
régnait, avant-guerre, dans les différents ministères. A l’apogée du
Commissariat général du Plan, dans les années 1960, l’ENA a fourni à l’Etat ses
meilleurs modernisateurs. Mais, au fil des années, son caractère pionnier s’est
affadi au point qu’elle est devenue, aux yeux de ses détracteurs, le symbole de
la coupure entre le peuple et l’élite.
Les
enfants de cadres supérieurs y sont surreprésentés, les fils ou filles
d’ouvriers quasiment absents. Il en résulte une endogamie renforcée par le
classement de sortie, qui permet à une élite de prospérer dans l’entre-soi. Il
suffit pour cela d’être dans la botte, cette quinzaine de places que le Conseil
d’Etat, la Cour des comptes et les inspections réserve chaque année aux mieux
classés du concours de sortie.
C’est
au lendemain du mouvement des « gilets jaunes » qu’Emmanuel Macron avait fait
la promesse de supprimer l’ENA. Le chemin était cependant étroit. Il fallait
passer outre la résistance des grands corps sans donner le sentiment
d’affaiblir le recrutement ni la qualité des futurs hauts fonctionnaires. Le
résultat porte la marque de cette double contrainte : le classement de sortie
n’est pas remis en cause ni l’existence des grands corps. En revanche, le
déroulement des carrières est substantiellement revu.
Les
« insparques » sortiront tous dans un nouveau corps, unique, celui des
administrateurs de l’Etat. Et ils débuteront leur carrière par deux années, au
moins, sur le terrain. Ce n’est qu’après qu’ils pourront rejoindre l’une de ces
institutions. D’autres points d’entrée sont d’ailleurs prévus : six ans après
le début de la vie professionnelle, puis vingt ans après. L’INSP ne sera pas un
passage obligé. D’autres hauts fonctionnaires pourront candidater, et même des
spécialistes du droit et du contrôle issus du privé. A chaque point d’entrée,
une procédure de sélection est prévue).
La
mobilité entre les différentes administrations est érigée en principe de base,
ce qui nécessite de donner un sérieux coup de fouet à la formation continue.
Et, là où l’ENA ne formait chaque année que 80 hauts fonctionnaires, l’Institut
du service public prendra en charge l’ensemble des élèves administrateurs et
intégrera un tronc commun à 13 écoles de service public.
1-Pourquoi la création de l’ENA a-t-elle été une
bonne chose sur le plan des institutions républicaines et démocratique
répondant à des exigences juridiques ? (10 pts)
2-Une « élite » issue de l’ENA a-t-elle
prospéré dans l’entre-soi au point de poser un véritable problème de probité
dans nos institutions juridiques ? (10 pts)
lundi 19 avril 2021
Epreuve L1 Droit Le Mans du 19 avril en institutions administratives
Sujet : Après lecture attentive du texte en italique,
répondez aux deux questions de réflexion posées en lien avec le texte.
Entretien avec – Didier
Migaud « Il faut sensibiliser les élus locaux à leurs obligations déclaratives
»
PUBLIÉ LE 2 AVRIL 2021
dans la Gazette des communes
Président
de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Didier
Migaud revient sur la réforme des règles déontologiques de la fonction
publique, la mise en place du répertoire des représentants d’intérêts et les
nouvelles obligations déclaratives des élus locaux. Entretien à 360 degrés pour
l’ancien président de la Cour des comptes.
L’année
2020 a été l’occasion d’un renouvellement des élus municipaux et communautaires
et, donc, pour la HATVP, des déclarations d’intérêts et de patrimoine. Quel est
le bilan de cette campagne déclarative ?
Le
bilan est contrasté. Si, aujourd’hui, nous constatons un taux très satisfaisant
de respect des obligations déclaratives, de l’ordre de 99 %, ce résultat n’a pu
être obtenu qu’après un travail de relance très soutenu de la part de la haute
autorité. A l’issue des délais légaux, seuls 47% des maires et 39 % des
adjoints avaient déposé leurs déclarations. La crise sanitaire peut expliquer
cette situation en partie, mais il est nécessaire de sensibiliser davantage les
élus à leurs obligations déclaratives. A l’avenir, ils s’exposeront à des
sanctions, puisque, dès les prochaines élections départementales et régionales,
un élu qui n’aura pas déposé sa déclaration de patrimoine sera privé du
remboursement de ses frais de campagne.
Une
simplification du dispositif est probablement souhaitable : les élus ne comprennent
pas toujours la nécessité, pour eux, de déposer plusieurs déclarations
d’intérêts. Ils présentent une première déclaration en tant que maire, mais,
s’ils président une intercommunalité, ils doivent soumettre une autre
déclaration d’intérêts. Nous sommes en train de regarder avec les pouvoirs
publics si l’on ne pourrait pas avoir une déclaration d’intérêts unique.
Les
élections régionales et départementales vont aussi entraîner une salve de
déclarations, dont celles liées à la fin des mandats…
Les
conseillers régionaux et départementaux devront adresser à la Haute Autorité
leurs déclarations de situation patrimoniale de fin de mandat dès le 24 avril
2021. Le contrôle des déclarations de situation patrimoniale, déposées au début
et à la fin du mandat, vise à s’assurer du respect des obligations de
sincérité, de complétude et d’exhaustivité et détecter ainsi un éventuel
enrichissement illicite.
Les
situations anormales à l’issue de ce contrôle sont rares et les transmissions
au parquet à partir des constatations que nous pouvons faire sont très
minoritaires. C’est plutôt encourageant et réconfortant. Dans leur très grande
majorité, les élus respectent leurs obligations déclaratives et font preuve de
la probité nécessaire dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions.
1- Quels sont les nombreux mécanismes qui ont été mis en
place en France par le passé afin de limiter les agissements illicites des
dirigeants locaux ? (10 pts)
2- Quelles garanties institutionnelles avons-nous pour
penser que l’on peut faire confiance à la HATVP et à son président pour
contrôler les enrichissements inexpliqués des élus ? (10 pts)
mardi 15 septembre 2020
Les agressions de toute nature envers les maires deviendraient systématiquement des "outrages" : les tribunaux vont crouler sous les procédures
Les agressions de toute nature envers les maires deviendraient systématiquement des "outrages" : les tribunaux vont crouler sous les procédures
L'enfer est pavé de bonnes intentions. Bien entendu il faut saluer l'intention affichée de punir plus sévèrement les agressions contre les élus dépositaires de l'autorité publique, mais le risque est grand d'encombrer les tribunaux, tant les occasions de déposer plainte sont nombreuses.
Nos concitoyens ont pris l'habitude d'aller trop loin. Les réseaux sociaux ont contribué à ces dérives. Le ton monte. Dans le combat politique, dans certaines réunions municipales, et parfois dans de simples lettres ou courriels que certains envoient sous le coup de la frustration, des mots et des gestes portent atteinte au respect dû.
Les articles 433-5 et 434-24 du Code pénal prévoient plusieurs situations de délit d'outrage.